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Institut de
Recherche sur la
Biologie de l'
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Personnel

Georges
PERIQUET
Professeur Emérite
Equipe : Relations Hote-Parasite
Tél : 02 47 366967

Thématique de recherche :

 

 

 

 


 

 

GENETIQUE DES POPULATIONS ET EVOLUTION :

 

Dynamique des interactions entre génomes,

  éléments transposables et virus domestiqués.

 

 

Nos travaux portent sur les mécanismes de l’évolution des populations et des espèces, et plus spécifiquement sur l’origine de la variabilité génétique et de l’adaptabilité de populations animales et sur leurs conséquences évolutionnaires: modification des génomes, adaptation, envahissement, diversification et spéciation.

 

 

1) Impact des Eléments Transposables sur l’évolution des génomes

 

 

1.1) Les éléments transposables de la famille P

 

Les éléments transposables sont une des composantes des génomes impliquées dans la génération de variations génétiques. Nous avons particulièrement étudié, en collaboration avec D. Anxolabéhère et D. Nouaud, les éléments transposables de la famille P dans les populations naturelles de Drosophila melanogaster et montré que tous les individus d’une même population ne sont pas identiques dans leur constitution génétique en élément P. Il existe, en fait une importante variabilité génétique individuelle qui implique des réponses très variées à l’action des éléments P (Proc. Natl. Acad. Sci. USA 1982, 79 : 7801-7803). Certains individus sont “ résistants ” à cette action et d’autres non. En conséquence, chez les drosophiles de la nature, les éléments P peuvent être plus ou moins facilement mobilisés et provoquer des mutations (en s’insérant dans des gènes) ou des cassures de chromosomes (induisant les stérilités observées dans le phénomène de « Dysgénésie des hybrides »). Certains de ces éléments ont été localisés avec précision (Molecular General Genetics 1982, 186 : 309-314) et l’effet de la température sur le phénomène précisé (Molecular General Genetics 1984, 196 : 17-23).

 

Quel intérêt ce phénomène présente-t-il pour l’étude de l’évolution ? Plusieurs études, dont les nôtres (Genet. Sel, Evol. 1985, 17 : 579-584), ont montré, de manière très inattendue, qu’aucun élément P n’existe chez les espèces phylogénétiquement très proches de Drosophila melanogaster, mais qu’on en trouve chez des espèces très éloignées (séparées de D. melanogaster depuis plusieurs dizaines de millions d’années). Les éléments de la famille P étaient ainsi  présents il y a environ cinquante millions d’années chez les ancêtres de toutes ces espèces. Ils ont été conservés et ont évolué dans certaines espèces-filles, chez lesquelles on les retrouve aujourd’hui. En revanche, ils ont été éliminés dans les espèces du groupe melanogaster. Cependant, dans ce scénario d’évolution, aucune espèce de ce groupe ne devrait posséder d’éléments P. Or ils sont bien aujourd’hui présents chez D. melanogaster. Comment donc expliquer leur présence dans cette seule espèce du groupe ?

Nos avons analysé de très nombreuses souches naturelles de D. melanogaster et des souches de cette espèce capturées au cours du XXe siècle et conservées dans les laboratoires du monde entier. Nos analyses variées, (de génétique et de biologie moléculaire) ont révélé l’existence d’une différenciation mondiale de la répartition des éléments P dans les populations actuelles (Proc. Natl. Acad. Sci.. USA 82 : 5418-5427). Les populations d’Amérique et d’Afrique centrale sont très riches en éléments P et les populations d’Europe et d’Asie très pauvres (Figure 1). En fait, la répartition ne se fait pas au hasard mais avec des gradients, les populations Ouest-européennes (France par exemple) et Est-asiatiques (Chine côtière) possédant des valeurs intermédiaires.

 

  Fig. 1  Distribution mondiale des éléments P chez D. melanogaster

 

Pointsrouges et oranges : Souches riches en éléments (Type P et Q)

Points noirs : Souches pauvres en éléments (Type M ou M’)

Flèches : Directions d’invasion des éléments P

 

Comment expliquer cette répartition ? L’analyse des souches collectées dans la nature à partir de 1920, conservées en laboratoire et donc isolées de leurs congénères sauvages, a été entreprise avec nos collègues américains (M.G. Kidwell) (Molecular Biology and Evolution 1988, 5 : 252-269). De façon remarquable, les souches les plus anciennes ne présentent aucune trace d’élément P, tandis que toutes les souches actuelles possèdent des éléments de type P (avec les différences quantitatives décrites ci-dessus). La présence la plus ancienne d’éléments P est révélée chez les souches américaines issues des collectes des années 1950, puis les premières souches P apparaissent en France, dans les collections de la fin des années 60. Enfin, c’est en Asie Centrale que l’on trouve le plus tardivement (1974) des souches vides d’éléments P. Au gradient géographique actuel correspond donc un gradient historique établi au cours du XXe siècle.

 

Les données génétiques, confirmées au niveau moléculaire (Molecular Biology and Evolution 1988, 5 : 252-259), ont définitivement établi le modèle d’invasion génétique, au cours du XXe siècle, de l’espèce D. melanogaster par les éléments transposables P. Cette invasion aura débuté au début du siècle en Amérique (sud-est des Etats-Unis ou Amérique centrale) puis se sera propagée par l’Est et par l’Ouest au reste du monde en quelques décennies. Des travaux complémentaires de collègues américains ont permis de préciser que l’espèce donatrice des éléments P était selon toute vraisemblance Drosophila willistoni, espèce vivant effectivement en Amérique centrale et au sud-est des Etats-Unis.

 

Ainsi, les transferts d’ADN entre espèces peuvent se produire actuellement dans la nature, chez les insectes. Quelques-uns par millions d’années ou plusieurs par siècles ? Les résultats obtenus ont relancé le débat sur les rythmes et les modalités de l’évolution (Evolution 1987, 41 : 846-853 ; Heredity 1989, 63 : 47-58).

 

Nous avons alors cherché si ce phénomène d’invasion était un cas rarissime ou non. Les travaux ont concernés d’autres familles d’éléments transposables (hobo, pogo, mariner) choisis parce qu’ils sont différents des éléments P et possèdent un spectre d’hôtes plus vaste.

 

 

1.2) Les éléments transposables de la famille hobo

 

Les éléments hobo provoquent également chez Drosophila melanogaster des phénomènes de dysgénésie des hybrides. De façon inattendue, nous avons pu montrer (en collaboration avec L. Pascual et I. Galindo) que chez cette espèce un phénomène d’invasion similaire a celui des éléments P est également survenu au cours du XXe siècle (Molecular Biology and Evolution 1991, 8 : 282-296). Ce résultat suggère que les phénomènes d’invasion génétique chez les eucaryotes supérieurs seraient beaucoup plus fréquents que ce que l’on imaginait.

 

Afin d’en étudier en détail les conséquences, nous avons réalisé (en collaboration avec F. Lemeunier et V. Ladevèze) un ensemble d’expériences d’invasions expérimentales en laboratoire qui nous ont permis de suivre le déroulement du phénomène, notamment au niveau chromosomique (Genetica 1994, 93 : 79-100). Ces travaux ont montré que les éléments hobo sont bien capables d’envahir les génomes de leurs hôtes en une centaine de générations et qu’ils provoquent de très importants remaniements chromosomiques (des inversions principalement). De façon tout à fait remarquable, il existe certains points privilégiés d’insertion de ces éléments dans les chromosomes. Dans ces expériences les éléments hobo ont généré successivement des nombreuses inversions, et certains points de cassure correspondent à ceux d’inversions observées in natura. L’une des inversions générée en laboratoire est particulièrement remarquable. Très grande (les trois-quarts du chromosome 2), elle est parfaitement viable et s’installe dans la population. Nous observons ici les prémices d’un évènement de spéciation chromosomique.

 

 

 

Les éléments hobo sont ainsi des générateurs de remaniements chromosomiques, d’importance capitale dans la restructuration des chromosomes des espèces (Proc. R. Soc. London B 1998, 265 : 1157-1159, Heredity. 2004 : 92 151-155). Une revue de nos travaux sur ces éléments et leur impact sur l’évolution des génomes dans les populations naturelles a été publiée en 2012 (Genetica, 2012 : 140 375-392).

 

   

 

 

1.3) Etudes d’autres éléments transposables

 

Une autre famille importante d’éléments transposables est celle des éléments mariner. Ces éléments sont présents chez les hyménoptères (collaboration Y. Bigot et C. Augé-Gouillou) et leur présence est liée à l’insertion privilégiée dans des régions particulières de l’ADN des hyménoptères (Proc. Natl. Acad. Sci. USA 1994, 91 : 3408-3412). Ils sont sites spécifiques et nous pensons qu’il s’agit là d’une “ stratégie évolutionnaire ” développée au cours de l’évolution afin de “ piéger ” les éléments mariner dans des régions où ils ne sont pas nocifs pour leur porteur. Par ailleurs ces éléments se rencontrent chez de très nombreuses espèces d’invertébrés (J. Evol. Biol. 1999, 12 : 742-745) et de vertébrés, notamment chez les mammifères dont l’homme (FEBS Letters 1995, 368 : 541-546).

 

Une étude menée avec nos collègues de l’Université de Jaen (T. Palomeque et P. Lorite) a montré que des éléments mariner étaient également très fréquents dans de nombreuses espèces de Fourmis et qu’ils avaient fait l’objet d’au moins 4 évènements de transferts entre espèces depuis une dizaine de millions d’années. (Naturwissenschaften 2012, 99 :1007-1020).

 

Enfin dans ce thème « Eléments transposables » nos derniers travaux (en collaboration avec C. Dupuy) ont portés sur  l’étude de séquences mobilisables présentes dans le génome du bracovirus CcBV de Cotesia congregata. Nous avons mis en évidence et caractérisé différents éléments appartenant aux classes principales d’ET et notamment à la nouvelle classe des éléments de type Maverick/polintons. La présence de ces éléments Maverick suggère la possibilité de transferts génétiques des hyménoptères parasitoïdes vers les lépidoptères qu’ils infectent, par le biais de virus transmis lors de l’infection (voir partie suivante). (Genetica 2011, 139 : 489-96).

  

 

 

2) Stratégies de parasitisme par domestication de virus chez des espèces d’hyménoptères.

 

 

 

            L’autre domaine important de nos travaux concerne l’étude des stratégies parasitaires d’hyménoptères dans le cadre de l’équipe Evolution des virus intégrés et libres de l’IRBI (collaborations J.M. Drezen, E. Huguet, E, Herniou, A. Bézier et al.).

 

Comme décrit dans les pages communes du groupe, certaines guêpes ont développé des stratégies parasitaires originales, en pondant leurs œufs dans des chenilles de papillons. Pour que l’œuf d’hyménoptère pondu à l’intérieur de la chenille-hôte puisse se développer, il faut qu’il contourne les défenses immunitaires de cet hôte (phénomène de régulation de la réponse de l'hôte). Au cours de l’évolution plusieurs procédés ont été mis en œuvre (J. Insect. Physiol. 1999, 45 : 479-484), mais chez les hyménoptères - situation exceptionnelle dans le monde animal - beaucoup de ces procédés recourent à l’aide de virus. Il s’agit là de véritables domestications de virus, uniques chez les eucaryotes.

 

 

 

2.1) Caractérisation et organisation du bracovirus CcBV

 

L’équipe étudie le rôle de ce polydnavirus dans la relation parasitaire entre l'hyménoptère (guêpe Braconide) Cotesia congregata et son hôte, la chenille du lépidoptère Manduca sexta. Lors de la ponte de la guêpe, des particules de ce bracovirus CcBV (pour Cotesia congregata BracoVirus) sont injectées avec l’œuf dans le corps de la chenille. Le génome des particules infectantes de CcBV est constitué de 36 cercles d’ADN qui sont libérés dans certaines cellules de la chenille hôte (hémocytes, corps gras,…). Ils assurent ainsi le transfert de gènes du bracovirus dans la chenille hôte. Les produits de ces gènes (dits gènes de virulence) sont alors synthétisés par la machinerie cellulaire des chenilles. Ils agissent comme « immunosuppresseurs » et contribuent à la réussite du développement des larves de guêpe dans la chenille, en bloquant son système de défense (Figure 2).

 

 

 

Fig. 2  Cycle du bracovirus CcBV et de la guêpe Cotesia congregata

L’ADN du bracovirus est intégré dans le génome de la guêpe. Il est ainsi transmis verticalement aux générations successives sous forme de provirus. Dans les cellules ovariennes de la guêpe 36 cercles viraux sont formés, à partir de la forme provirale intégrée, par réplication et excision des séquences correspondantes. En parallèle sont synthétisées les protéines structurales des capsides. Les cercles sont encapsidés et forment les particules infectantes qui sont injectées dans la chenille-hôte lors de la ponte. Les particules du bracovirus entrent alors dans des cellules de l’hôte et les gènes viraux y sont exprimés. Les produits synthétisés inhibent la réponse immunitaire de l’hôte et permettent  le succès du parasitisme.

 

            Cette utilisation du virus est une innovation adaptative majeure dont on pense qu’elle a joué un rôle déterminant dans l’évolution et la diversification de ces espèces de guêpes. On estime que près de 20000 espèces de guêpes braconides apparentées (Complexe Microgastroïde) possèdent des bracovirus apparentés (coévolution hyménoptères – bracovirus).

 

            Nos premiers objectifs ont été de comprendre comment le virus contribue au succès parasitaire des guêpes et quel rôle a pu jouer « sa domestication » dans l’évolution et l’adaptation des guêpes.

 

Le génome des particules de CcBV a été séquencé et caractérisé (Science 2004, 306 : 286-289), puis son origine et celle de bracovirus  apparentés (infectant les espèces  braconides sœurs) a été déterminée. Je développe ci-après les résultats auxquels j’ai plus spécialement participé.

 

 

2.2) Origine et histoire phylogénétique des bracovirus CcBV

 

Le génome bracoviral est composé de deux ensembles de séquences intégrées dans le génome de la guêpe. Le premier ensemble (780kb) correspond aux segments d’ADN à partir desquels sont formés les 36 cercles d’ADN inclus dans les particules virales infectantes (Figure 2). Ces segments d’ADN contiennent les gènes de virulence. Cependant ces gènes ne sont pas d’origine virale, mais sont des homologues de gènes de virulence capturés au cours de l’évolution dans le génome des hyménoptères ancêtres.

 

L’autre ensemble des séquences intégrées dans d’autres régions du génome de la guêpe (30kb au moins) est constitué de gènes d’origine virale. Ils sont répartis dans le génome de la guêpe, soit isolés, soit organisés en un cluster. Ils sont impliqués dans la constitution de la machinerie réplicative du bracovirus et dans celle des protéines de structure des particules infectantes. Cependant, ils ne sont pas copiés sur des cercles et ne sont pas inclus dans les particules infectantes (Science 2009, 323 : 926-930). Ce sont ces gènes viraux qui ont été analysés dans nos études phylogénétiques.

 

D’autres auteurs (Whitfield, 2002 et Murphy, 2008) avaient montré que les braconides possédant des bracovirus font partie d’un même clade (Complexe Microgastroïde) issu d’un hyménoptère ancestral qui a intégré un virus il y a environ 110 Ma. Nous avons comparé des gènes d’origine virale présents dans le génome de guêpes du Complexe Microgastroïde et retracé leurs relations phylogénétiques (Proc Natl Acad Sci U S A. 2011, 108:15931-5).

 

Nos analyses ont ainsi permis de déterminer la famille à laquelle appartenait le virus ancestral et montré que les bracovirus sont issus de l’intégration d’un virus ancêtre de type nudivirus (Figure 3).

 

 

Fig. 3  Les bracovirus ont pour origine un virus ancêtre de type Nudivirus.

 

A. Arbre phylogénétique représentant la phylogénie du complexe Microgastroïde (ensemble de 20000 espèces de braconides) et la conservation de la machinerie nudivirale parmi différentes espèces d’hyménoptères de ce complexe. Les gènes nudiviraux ont été amplifés à partir de l’ADNc extrait d’ovaires de Cotesia congregata et Chelonus inanitus. Deux des gènes viraux ont été également retrouvés chez 3 autres espèces du complexe Microgastroïde (*).

 

B. Représentation schématique de l’organisation du génome du bracovirus CcBV intégré dans le génome de l’hyménoptère. Le génome bracoviral est constitué de 9 loci proviraux, à partir desquels sont formés les cercles d’ADN inclus dans les particules virales, et de gènes d’origine nudivirale. Ces derniers, répartis ailleurs dans le génome de l’hôte, sont soit isolés, soit organisés en un cluster. Ils sont impliqués dans la constitution de la machinerie réplicative du bracovirus et dans celle des protéines de structure des particules infectantes.

 

 

2.3) Organisation des génomes des bracovirus : les sites spécifiques d’excision-épissage

 

Les 36 cercles d’ADN viraux encapsidés dans les particules virales de CcBV sont produits à partir de « découpages » de l’ADN proviral intégré au chromosome de l’hyménoptère Cotesia congregata. Ce « découpage » est réalisé par un mécanisme très précis d’excision-épissage, à partir de des sites spécifiques, (J Gen Virol. 1997, 78 : 3125-3134) (Figure 4).

 

 

Les analyses comparatives de ces sites, pour l’ensemble des bracovirus connus, ont révélé une forte conservation de leurs séquences au cours de l’évolution. Les motifs conservés sont riches en information et permettent vraisemblablement la reconnaissance de différentes protéines impliquées dans les processus d’excision et de circularisation (Figure 4).(J. Virol. 2013, 17 : 9649-60 & Philos Trans R Soc Lond B Biol Sci. 2013 a).

 

Ces sites spécifiques d’excision-épissage sont probablement issus du site de circularisation du virus ancestral qui aurait été recruté pour la formation des cercles d’ADN inclus dans les particules bracovirales (voir paragraphe 2.4).

 

 

Fig. 4  Schéma de la formation, à partir de la forme provirale,  des cercles viraux inclus dans les particules de bracovirus et séquences spécifiques des sites d’excision - épissage.

 

 

 

 

2.4) Organisation des génomes des bracovirus : évolution de l’organisation des génomes proviraux.

 

 

            La forme provirale de CcBV correspondant aux cercles encapsidés dans les particules infectantes est constituée de 780 kb réparties en 9 régions appelées Loci Proviraux (PL1 à PL9). PL1 et PL2 contiennent la majorité des segments à partir desquels sont formés les cercles encapsidés. PL1 et PL2 sont proches et regroupés en un Macrolocus. Les autres Loci Proviraux sont répartis en divers endroits dans le génome de Cotesia congregata.

 

 

Par analyses comparées avec des génomes intégrés dans des espèces plus ou moins proches (ayant divergées entre 9 et 17 MA) nous avons montré que les Loci Proviraux présentaient de fortes synthénies et nous avons reconstitué une histoire évolutionnaire de ces Loci Proviraux. Dans l’ensemble, d’importants remaniements de séquences (surtout des duplications, quelques délétions et une grande inversion) ont façonné les structures des génomes bracoviraux actuels (Philos Trans R Soc Lond B Biol Sci. 2013 a).

 

Nous avons également montré comment de nouveaux segments pouvaient être formés, par le recrutement et la duplication de sites d’excision-épissage. Ces résultats nous ont conduit à proposer un modèle pour la formation des Loci Proviraux à partir de l’intégration du nudivirus ancestral et de la duplication de son site de circularisation (triangle noir, Figure 5).

 

Fig. 5  Modèle de la formation des Loci Proviraux à partir du nudivirus ancestral. a) génome du nudivirus ancestral ; b) intégration dans le génome de la guêpe ancestrale (rectangle blanc) ; c) formation du premier Locus Proviral par duplication et translocation du site de circularisation du nudivirus ancestral ( triangle noir) et la capture d’un gène de virulence de guêpe (carré gris) ; d) duplications successives de segments et formation des PLs actuels. (Carrés noirs : gènes nudiviraux). Philos Trans R Soc Lond B Biol Sci. 2013 b.

 


 

 

 

3) Autres activités

 

J’ai également collaboré avec M. Poirié à l’identification de gènes impliqués dans la résistance de Drosophila melanogaster à son parasitoïde Leptopilina boulardi (voir liste des principales publications). Ces travaux sont actuellement poursuivis par M. Poirié et son équipe.

 

D’autre part, en tant qu’enseignant-chercheur je participe régulièrement aux manifestations « Fête de la Science », « Portes ouvertes », « Rencontres Science - Grand Public ». En 2009, j’ai notamment organisé et participé à un cycle de conférences sur Drawin dans le cadre des conférences de l’Université de Tours et j’ai participé au cycle de conférences du Collège de France sur ce même thème. (Vidéo Canal U).

 

Depuis 2011 j’organise, pour le Grand public, des Ateliers de découverte sur la génétique et l’évolution, dans le cadre des actions culturelles et scientifiques de l’Université.

 

Enfin, j’ai mis en place et coordonne depuis 1998, un site internet d'enseignement de la génétique, Réseau GENET : http://genet.univ-tours.fr/. Ce site regroupe des contributions de différents collègues français et étrangers et permet à tout étudiant de Licence ou de Master d’accéder gratuitement à des modules de formations. Ces travaux ont été reconnus au niveau international par L’AUF (Agence Universitaire pour la Francophonie) pour faire partie de son programme « Université Virtuelle Francophone ». Ces recherches en didactique contribuent à résoudre certaines des difficultés rencontrées dans la transmission des concepts de la Génétique et ouvrent ainsi des perspectives intéressantes pour l'enseignement supérieur.

 

Publications majeures :

 

Elément transposable P

P transposable element

 

Cytotype polymorphism of the P-M system in two wild populations of Drosophila melanogaster.

Anxolabéhère D, Nouaud D, Périquet G.

Proc Natl Acad Sci U S A. 1982 Dec;79(24):7801-3.

 

P-element distribution in Eurasian populations of Drosophila melanogaster: A genetic and molecular analysis.

Anxolabéhère D, Nouaud D, Périquet G, Tchen P.

Proc Natl Acad Sci U S A. 1985 Aug;82(16):5418-22.

 

Molecular characteristics of diverse populations are consistent with the hypothesis of a recent invasion of Drosophila melanogaster by mobile P elements.

Anxolabéhère D, Kidwell MG, Periquet G.

Mol Biol Evol. 1988 May;5(3):252-69.

 

Are Drosophila melanogaster populations under a stable geographical differentiation due to the presence of P elements?

Periquet G, Ronsseray S, Hamelin MH.

Heredity. 1989 Aug;63 ( Pt 1):47-58.

 

 

 

Elément transposable hobo

hobo transposable element

 

Distribution of hobo transposable elements in natural populations of Drosophila melanogaster.

Pascual L, Periquet G.

Mol Biol Evol. 1991 May;8(3):282-96.

 

The evolutionary genetics of the hobo transposable element in the Drosophila melanogaster complex.

Periquet G, Lemeunier F, Bigot Y, Hamelin MH, Bazin C, Ladevèze V, Eeken J, Galindo MI, Pascual L, Boussy I.

Genetica. 1994;93(1-3):79-90. Review.

 

Spread of the autonomous transposable element hobo in the genome of Drosophila melanogaster.

Galindo MI, Ladevèze V, Lemeunier F, Kalmes R, Periquet G, Pascual L.

Mol Biol Evol. 1995 Sep;12(5):723-34.

 

Hobo transposons causing chromosomal breakpoints.

Ladevèze V, Aulard S, Chaminade N, Périquet G, Lemeunier F.

Proc Biol Sci. 1998 Jul 7;265(1402):1157-9.

 

 

Sequences homologous to the hobo transposable element in E strains of Drosophila melanogaster.

Galindo MI, Bigot Y, Sánchez MD, Periquet G, Pascual L.

Mol Biol Evol. 2001 Aug;18(8):1532-9.

 

Maintenance of a large pericentric inversion generated by the hobo transposable element in a transgenic line of Drosophila melanogaster.

Aulard S, Vaudin P, Ladevèze V, Chaminade N, Périquet G, Lemeunier F.

Heredity. 2004 Mar;92(3):151-5.

 

General survey of hAT transposon superfamily with highlight on hobo element in Drosophila.

Ladevèze V, Chaminade N, Lemeunier F, Periquet G, Aulard S.

Genetica. 2012 Sep;140(7-9):375-92.

 

 

Eléments transposables Mariner, Azteca, Maverick

Transposable elements mariner,Azteca and Maverick

 

Mariner-like elements in hymenopteran species: insertion site and distribution.

Bigot Y, Hamelin MH, Capy P, Periquet G.

Proc Natl Acad Sci U S A. 1994 Apr 12;91(8):3408-12.

 

Human and other mammalian genomes contain transposons of the mariner family.

Auge-Gouillou C, Bigot Y, Pollet N, Hamelin MH, Meunier-Rotival M, Periquet G.

FEBS Lett. 1995 Jul 24;368(3):541-6.

 

The ant genomes have been invaded by several types of mariner transposable elements.

Lorite P, Maside X, Sanllorente O, Torres MI, Periquet G, Palomeque T.

Naturwissenschaften. 2012 Dec;99(12):1007-20.

 

Transfer of a chromosomal Maverick to endogenous bracovirus in a parasitoid wasp.

Dupuy C, Periquet G, Serbielle C, Bézier A, Louis F, Drezen JM.

Genetica. 2011 Apr;139(4):489-96.

 

 

Resistance de Drosophila melanogaster à son parasitoïde Leptopilina boulardi

Resistance of Drosophila melanogaster to its parasitoid Leptopilina boulardi

 

Genetic localization of a Drosophila melanogaster resistance gene to a parasitoid wasp and physical mapping of the region.

Hita MT, Poirié M, Leblanc N, Lemeunier F, Lutcher F, Frey F, Periquet G, Carton Y.

Genome Res. 1999 May;9(5):471-81.

 

Drosophila resistance genes to parasitoids: chromosomal location and linkage analysis.

Poirie M, Frey F, Hita M, Huguet E, Lemeunier F, Periquet G, Carton Y.

Proc Biol Sci. 2000 Jul 22;267(1451):1417-21.

 

Mapping candidate genes for Drosophila melanogaster resistance to the parasitoid wasp Leptopilina boulardi.

Hita M, Espagne E, Lemeunier F, Pascual L, Carton Y, Periquet G, Poirie M.

Genet Res. 2006 Oct;88(2):81-91

 

Organisation et évolution des génomes de virus parasites d’insectes

Organisation and evolution of the genome of viruses domesticated by insect parasitoids

 

 

Excision of the polydnavirus chromosomal integrated EP1 sequence of the parasitoid wasp Cotesia congregata (Braconidae, Microgastinae) at potential recombinase binding sites.

Savary S, Beckage N, Tan F, Periquet G, Drezen JM.

J Gen Virol. 1997 Dec;78 ( Pt 12):3125-34.

 

Polydnavirus genome: integrated vs. free virus.

Drezen JM, Provost B, Espagne E, Cattolico L, Dupuy C, Poirié M, Periquet G, Huguet E. J Insect Physiol. 2003 May;49(5):407-17. Review.

 

Genome sequence of a polydnavirus: insights into symbiotic virus evolution.

Espagne E, Dupuy C, Huguet E, Cattolico L, Provost B, Martins N, Poirié M, Periquet G, Drezen JM.

Science. 2004 Oct 8;306(5694):286-9.

 

The few virus-like genes of Cotesia congregata bracovirus.

Drezen JM, Bézier A, Lesobre J, Huguet E, Cattolico L, Periquet G, Dupuy C.

Arch Insect Biochem Physiol. 2006 Mar;61(3):110-22.

 

Polydnaviruses of braconid wasps derive from an ancestral nudivirus.

Bézier A, Annaheim M, Herbinière J, Wetterwald C, Gyapay G, Bernard-Samain S, Wincker P, Roditi I, Heller M, Belghazi M, Pfister-Wilhem R, Periquet G, Dupuy C, Huguet E, Volkoff AN, Lanzrein B, Drezen JM.

Science. 2009 Feb 13;323(5916):926-30.

 

Transferts d’ADN, domestications et génomes étendus : le cas des virus d’hyménoptères parasitoïdes

Periquet, G. C. rend. Acac. Agric. 2009;95 (4): 99-102.

 

[Polydnaviruses : viruses which acted as gene transfer vectors for 100 million years].

Dupuy C, Periquet G, Bézier A, Drezen JM.

Med Sci (Paris). 2010 Feb;26(2):125-7.

 

Paleozoic origin of insect large dsDNA viruses.

Thézé J, Bézier A, Periquet G, Drezen JM, Herniou EA.

Proc Natl Acad Sci U S A. 2011 Sep 20;108(38):15931-5.

 

Adaptive selection on bracovirus genomes drives the specialization of Cotesia parasitoid wasps.

Jancek S, Bézier A, Gayral P, Paillusson C, Kaiser L, Dupas S, Le Ru BP, Barbe V, Periquet G, Drezen JM, Herniou EA.

PLoS One. 2013 May 28;8(5):e64432.

 

The bracovirus genome of the parasitoid wasp Cotesia congregata is amplified within 13 replication units, including sequences not packaged in the particles.

Louis F, Bézier A, Periquet G, Ferras C, Drezen JM, Dupuy C.

J Virol. 2013 Sep;87(17):9649-60.

 

Functional endogenous viral elements in the genome of the parasitoid wasp Cotesia congregata: insights into the evolutionary dynamics of bracoviruses.

Bézier A, Louis F, Jancek S, Periquet G, Thézé J, Gyapay G, Musset K, Lesobre J,Lenoble P, Dupuy C, Gundersen-Rindal D, Herniou EA, Drezen JM.

Philos Trans R Soc Lond B Biol Sci. 2013 Aug 12;368(1626)

 

When parasitic wasps hijacked viruses: genomic and functional evolution of polydnaviruses.

Herniou EA, Huguet E, Thézé J, Bézier A, Periquet G, Drezen JM.

Philos Trans R Soc Lond B Biol Sci. 2013 Aug 12;368(1626)

 

 

 

Autres activités en cours / Other ongoing activities

 

Various conferences on the topics of evolution and biodiversity of populations, including: invited conference for the Darwin symposium College de France: The synthetic theory of evolution;

 

http://www.canal-u.tv/video/college_de_france/college_de_france_du_darwinisme_de_darwin_a_l_evolutionisme_d_aujourd_hui_georges_periquet.5280

 

Participation aux Ateliers de Thélème (depuis 2011) : Travaux pratiques pour grand public autour de : Hérédité et Génétique  et Evolution des êtres vivants.

Since 2011, organisation of practical Workshops on Genetics and Evolution for non scientists.

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