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Evolution des Virus Intégrés et Libres




Pour comprendre comment les espèces évoluent, il faut identifier les contraintes écologiques qui  s’imposent à elles. Depuis peu les techniques de séquençage de l’ADN permettent également de suivre les modifications qui se produisent au niveau des génomes au cours des processus d’adaptation. 

Il demeure cependant encore assez difficile de faire le lien précis entre une variations de l’ADN observée et l’adaptation à une contrainte particulière, du fait de la grande complexité des environnements dans lesquels évoluent les organismes.  Mais le problème peut être simplifié grâce à l’étude des parasites dont le succès dépend uniquement de leur capacité à utiliser l’hôte qu’ils parasitent, celui-ci constituant un environnement d’une complexité réduite. On peut ainsi prédire que certaines portions du génome d’un parasite vont se modifier considérablement en réponse aux défenses immunitaires de l’hôte ou lorsque le parasite attaque un nouvel hôte. 

Nous étudions ces modifications du génome pour deux types de parasites attaquant les papillons : les baculovirus et les guêpes parasitoïdes Cotesia et leur virus associé (de type bracovirus). 



 

La diversité du monde viral permet d’aborder les questions portant sur l'évolution des génomes sous plusieurs angles. Le cycle des virus classiques comprend la formation de particules qui contiennent toute l'information génétique nécessaire à la production d’une descendance virale. Or la taille du génome  pouvant être incorporée efficacement dans ces particules virales est limitée.

Un compromis doit donc être trouvé entre l’adaptation optimale à l’hôte et le nombre de gènes que le genome est capable de contenir.  Ces contraintes n’opèrent  pas dans le cas des virus endogènes, dont le génome est intégré dans le génome de l'hôte. En effet ces virus sont transmis verticalement chez l’hôte d’une génération à la suivante comme partie intégrante du patrimoine génétique. 

A long terme, ces séquences virales endogènes sont vouées à l'extinction sauf si elles apportent un avantage adaptatif à leur hôte. Ceci est observé dans le cas des virus qui entretiennent une relation mutualiste avec leur hôte, comme les bracovirus associés aux guêpes parasitoïdes Cotesia. Dans ce cas, l’hôte a besoin des particules virales pour se reproduire et l’interaction se traduit par la domestication des séquences virales. 

Notre travail se concentre sur l'évolution des génomes de virus classiques, de virus domestiqués et de leurs hôtes, ainsi que sur l’impact physiologique de ces parasites sur les papillons.

 








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